lundi 25 janvier 2016

Comme une main ouverte...







comme une main ouverte paume vers le ciel
nervures d'une feuille aux tons ocres

lignes de chance de vie – vers l'infini
sillons plissements croisées
éphélides transparences bleutées stigmates

flux de sève arrêté – finitude

d'amont en aval court la vie
juste un peu d'humus




Ce texte a été publié pour la première fois sur le blog d'Anne-Sophie Bruttmann, dans le cadre des Vases Communicants de novembre 2015.










Vases Communicants du 5 novembre 2015 ; Invitée : Anne-Sophie Bruttmann : Les hortensias sont blancs sous les fenêtres.


© Eva Truffaut, série « Polaroids ».














Les hortensias sont blancs sous les fenêtres.
Blanc couleur lame de rasoir.
Blanche, la coupure. Césure. Temps mort.

Souvent je me réveille en sursaut. Les souvenirs.

Je sais que j'arrive à Paris en automne ; je suis jeune encore. Les rides sous mes yeux n'ont pas atteint le regard. Les joues sont roses. 
Je ne sais de qui j'ai hérité l'âme fiévreuse. Lorsque je croise le chat des voisins, j'ai envie de l'attraper et de le jeter contre le mur jusqu'à ce qu'il éclate. 

J'ai du mal à différencier les pulsions meurtrières des pulsions suicidaires. J'aimerais tellement tuer.
La vie est lourde comme du linge mouillé. Je parle de l'ennui, de la fatigue. J'ai toujours eu un penchant certain pour l'ennui, il me fascine et me happe, comme le reflet d'une arme.


© Eva Truffaut, série « Polaroids ».






















L'automne chaque année marque la fin du supplice de la chaleur.
Celle qui me fait me trainer comme un poids mort, une déchéante, une déchirée. Je n'ai pas connu la froideur véritable des paysages de mes origines, de la mer, et pourtant je suis comme ce pays que je ne connais pas, austère et secrète. 
Je ne me baigne pas dans la mer. Elle est froide, elle est ironique, elle est dangereuse. Elle se moque de moi. La plage est une étendue grise et morose, couleur de morgue.


Aujourd'hui je me penche à la fenêtre, les hortensias sont roses. J'ignore combien de temps a passé. 


© Eva Truffaut, série « Polaroids ».





La continuité dans le changement, ou le contraire peut-être…

François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois, que j’ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014. C'est à mon tour de remplacer Angèle, j'espère être à la hauteur et me montrer digne de sa confiance.



Aujourd’hui, j’ai donc le très grand plaisir de recevoir Anne-Sophie Bruttmann pour ces Vases Communicants, qui sont les premiers pour elle, et de publier sur La dilettante « Les hortensias sont blancs sous les fenêtres ».


Je la remercie d'accueillir mon texte « comme une main ouverte » sur son blog « annesodiversetvariations ».





lundi 4 janvier 2016

Vases Communicants du 1er janvier 2016 ; Invité : Stéphane Bataillon




BON AN MAL ANcrage dans un port qu'on aimerait quitter POUR UN NOUVEL ANtre vide, sans plus personne pour SOUHAITER DE MEILLEURS VOEUX d'obéissance et de chasteté, prononcés trop VITE évitez les mots. Les mots de trop. OUBLIER, SOURIRE, et le petit oiseau ne vient pas de SORTIR.



François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois, que j’ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014. Je remplace Angèle depuis le mois de novembre dernier.


Aujourd’hui, j’ai donc le très grand plaisir de recevoir Stéphane Bataillon pour ces Vases Communicants et de publier son texte sur La dilettante.


Je le remercie d'accueillir mon texte « Management translation »sur son blog.




samedi 2 janvier 2016

L'absence d'horizon… (Atelier d'hiver de @fbon sur @remue_net)





Brr, la neige, il fait froid et il est difficile de trouver à manger par les temps qui courent. C'est le premier jour d'une année nouvelle et pourtant, ils se promènent quand même, seuls ou avec des enfants ; certains tiennent sagement une main d'autres bondissent dans tous les sens malgré les recommandations des adultes qui craignent toujours un accident du fait de la proximité de l'eau. Passent aussi les coureurs, ils sont sans doute là pour perdre les quelques grammes pris lors des agapes de la veille… en fait, il courent comme ça toute l'année. Aujourd'hui, avec les arbres, même dénudés qui ne nous abritent guère en hiver, et la neige qui tombe, ils distinguent à peine les gradins et l'escalier qui descend vers l'eau de l'autre côté de la grande rivière ; l'été, des personnes intrépides quoiqu'âgées viennent s'y baigner. Ils n'ont jamais remarqué mon ami le héron qui vit à proximité de l'ancien moulin et vient , de temps à autre, jusqu'à l'écluse, tout près d'ici.


C'est la dernière, après c'est l'ultime presque ligne droite avant de rejoindre le fleuve et disparaître dans celle qui traverse la grande ville, la capitale… Sur les derniers kilomètres, être longée par ce bruyant serpent motorisé qui traverse la ville. Pour finir, cette parcelle de Chine en France dont on se demande bien ce qu'elle fait là avec ses façades aux airs de petit palais derrière lesquelles se cachent la grande mondialisation et ses tractations. On y voit parfois des couples nouveaux venir se faire prendre en photo dans les beaux jardins…


mais le mur anti-bruit ne le coupe pas vraiment, le bruit. On entend le flot continue des véhicules sur l'A4. Ça ferait presque partie du charme de cette promenade avec la neige qui crisse sous les chaussures et étouffe les sons tel un cocon qui protège. Le ciel posé tel un couvercle par-dessus le tout. L'absence d'horizon…


Atelier d'hiver de François Bon : « Ne pas mentionner l'oiseau ».





dimanche 20 décembre 2015

Mon #ouphopo du dimanche...



...né d'un tweet (photo et texte d'@h_verdier) et d'un article partagé par @Defrancoisjose



(c) Hélène Verdier






de nos pas suspendus nous parlions sans mot dire (Hélène Verdier)


Jacqueline Sauvage, dix ans de prison...

lui reconnaître la légitime défense

face à la violence du père et du mari.




 


vendredi 4 décembre 2015

Vases Communicants du 4 décembre 2015 ; Invité : Lamber Savigneux : Je veux dire quelque chose de tout à fait simple...




 
Je veux dire quelque chose de tout à fait simple puisque c’est déjà assez compliqué
Imaginons nous sommes au bord d'une rivière, le livre est posé sur les genoux et deux parlent de deux amours qui riment avec toujours,
Imaginons c’est dimanche et l'homme prépare des appâts pour attraper des truites  c'est mardi il fait beau et tout le monde est dehors
Il fait doux et le monde jusqu'ici s'en fout voilà nous rions à la terrasse d'un café à Saint Germain des prés  et la petite fille sourit.
Et la nuit qui était belle n’est plus intelligible, ils se sont accordés là-dessus plus tard, la nuit s’est refermé pour toujours ou c’est ce qu’ils voulaient,
Ils sont venus en habit noir avec la laideur, nous on est tombé, ils nous ont pris par surprise, ce qu'ils ont fait n'a rien à voir avec la vie de nos vies, qui sont des sources chaudes
Alors on est mort …. C’était avant les banderoles et les trous dans la carte, les poèmes que j’ai lu avec les mots d’avant
Et nous on a été atterrés,
Plus tard on a dit que ce qu'ils avaient fait était inintelligible, plus tard on est plus arrivé à parler, les mots ont cessé d'être des mots, il n'y  a plus de mots car tout était vrillé et je ne sais plus dessiner, les visages ont perdu toute expression et la nuit a recouvert les choses de cendres et il n’y avait plus rien à dire.




François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois, que j’ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014. Je remplace Angèle de puis le mois dernier.


Aujourd’hui, j’ai donc le très grand plaisir de recevoir Lamber Savigneux pour ces Vases Communicants et de publier sur La dilettante « Je veux dire quelque chose de tout à fait simple... ».

 
Je le remercie d'accueillir mon texte « Extinction » sur son blog Les vents de l'inspire (Le regard d'Orion).




jeudi 26 novembre 2015

Dissémination du 27 novembre 2015 : « Les balises » de Julien Boutonnier


Pointons ce mois-​ci les pro­cé­dés, malins ou joyeux, lapi­daires ou réflé­chis, déjà invi­sibles à force d’évidence ou vrai­sem­bla­ble­ment inédits, qui secouent nos habi­tudes de lec­ture sur écran : ces pra­tiques minus­cules qui nous font dire et sen­tir « Ce que je lis ici, jamais, je ne pour­rais le lire et le voir sur une page ».

Lorsque j'ai pris connaissance du thème de la dissémination de ce mois de novembre proposé par Grégory Hosteins  : « Ponctuation de l'écriture web », j'ai immédiatement pensé à disséminer « Les Balises » de Julien Boutonnier qui, lorsque je lui en ai demandé l'autorisation comme il est d'usage ici, a accepté et je l'en remercie.




Il y a quelques jours, Julien Boutonnier a fait lui-même une présentation du projet Balises sur Peut(-)être, son blog. En voici un aperçu qui a plus particulièrement trait au thème d'aujourd'hui. Pour plus de clarté, vous pouvez en lire l'intégralité.

Je vous donnerai ensuite à découvrir les quatre versions de la balise « Ń (4,M) ».




« Le projet des balises est un dispositif d’écriture poétique ayant pour vocation d’aboutir à une édition qui se décline en un site web, un livre numérique ainsi qu’un livre papier. Chaque support interagit avec l’écriture pour proposer trois expériences de lecture différentes et complémentaires.

[…] Pour cela, nous proposons d’agir par dispersion. Un saut est opéré, depuis la linéarité du texte imprimé vers un réseau de textes dispersés et interconnectés entre eux. Dès lors, ce qui s’offre au lecteur n’est pas un sommaire organisé préalablement mais une circulation d’un fragment de texte à un autre, selon des contingences plus ou moins provoquées, plus ou moins hasardeuses.

[…] Chaque balise fonctionne comme un relais dans le territoire du vide. Selon la logique du trauma, ce n’est plus le vide qui relie et sépare les objets, mais les objets, ici donc les textes, qui sont au service du vide, le ponctuant, le rythmant, y dessinant des parcours d’exploration propices à ressentir, imaginer, créer.

[…] Une balise n’est pas narrative. Elle rythme l’errance du lecteur dans le réseau des textes donnant figure au territoire du vide propre au trauma. Elle se présente comme une matière de langue qui se définie d’abord dans une dialectique avec le vide qu’elle sert.

[…] Une place décisive est faite à la ponctuation qui, détournée de son usage commun, intervient comme interface entre le sens, le rythme et la matérialité des caractères. Elle confère aux textes une qualité de vibration que nous souhaitons proche d’un effet propre à la peinture.

[…] A la différence du livre numérique qui est constitué en univers clos sur lui-même, le site web est pensé comme espace ouvert appelé à croître et se ramifier dans le temps. »