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jeudi 15 novembre 2018

Figures(s) : Ronde de novembre 2018 avec Guy Deflaux



Aujourd'hui, la ronde, s’enroule et se déroule sur le thème « Figures(s) ».
Le principe, aussi simple que la danse enfantine : le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième, et ainsi de suite.
Ce mois-ci, j'ai le plaisir de recevoir de nouveau Guy Deflaux, qui est l’auteur du blog : « Wanagramme : Emaux et gemmes des mots que j'aime ».
Quant à Dominique Hasselmann, il accueille mon texte sur le sien : « Métronomiques ».

Merci à tous les deux, à tous ceux qui font la ronde et à leurs lecteurs.

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En ce 15 novembre de l’an de grâce 2018, entrent dans la ronde des « Figures(s)... »



Je saisis la main de Guy Deflaux puis celle de Dominique Hasselmann qui me reçoit dans Métronomiques qui se rend chez Hélène Verdier : simultanées ; puis... Hélène chez Marie-Christine Grimard : Promenades en ailleurs, Marie-Christine chez Dominique Autrou :  la distance au personnage, Doninique chez Giovanni Merloni : le portrait inconscient, Giovanni chez Jacques d’Anglejan : La vie de Joseph Frisch, Jacques chez Franck Bladou : à l'envi ; enfin, Franck chez Guy Deflaux : « Wanagramme : Emaux et gemmes des mots que j'aime », etc.



mercredi 15 novembre 2017

Lettre(s) : Ronde de novembre avec Marie-Christine Grimard



Aujourd'hui, la ronde, s’enroule et se déroule sur le thème « Lettre(s) ».
Le principe, aussi simple que la danse enfantine : le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième, et ainsi de suite.
Ce mois-ci, j'ai le plaisir de recevoir Marie-Christine Grimard qui est l’auteure du blog « Promenades en Ailleurs ».
Quant à Guy Deflaux, il accueille mon texte sur le sien : « Wanagramme : Emaux et gemmes des mots que j'aime ».
Merci à tous les deux, à tous ceux qui font la ronde et à leurs lecteurs.

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Voilà bien longtemps que je n’ai utilisé cette écriture manuscrite. Par facilité ou manque de temps peut-être. Par timidité aussi…
Maintenant, que les claviers ont pris la main sur notre écriture, c’est une mise à nue que d’offrir ainsi ses mots manuscrits. J’en suis toute intimidée et trace ces lettres en rougissant comme si j’avais encore quinze ans.
J’aimais recevoir des cartes postales. C’était une belle surprise qui arrivait dans la boite aux lettres avec ses odeurs exotiques et ses timbres colorés. Des petits cadeaux venus du monde entier. Mais voilà bien longtemps que les mails les ont remplacés, et la boite où je les collectionnais ne sera jamais pleine.
Mais je m’égare, pardonne mon bavardage…
Je voulais simplement te faire le cadeau de mes mots pour qu’ils caressent ton âme aussi tendrement que le feraient mes doigts. Que leur douceur s’insinue sous ta peau jusqu’au frisson. J’imagine ton regard sur mes phrases comme s’il se posait sur moi, et mon cœur s’envole vers le tien en un battement de cils. Tu pourras relire ces phrases lorsque je serai partie et imaginer toutes celles que je n’ai pu écrire, puisqu’elles sont impuissantes à décrire ce que nous sommes. Aucun mot n’est assez pastel, sucré, tendre, aimant, charmant, câlin, soyeux, suave, pour peindre ce qui nous relie. Je te laisse les inventer pour nous. Remercions la vie de nous avoir permis de naître dans le même siècle, et de nous rencontrer. La terre est si vaste et le temps est si long, il aurait été si facile de ne jamais se croiser.
J’ai toujours pensé que les rencontres importantes étaient programmées depuis toujours et qu’elles ne pouvaient que se produire. Je remercie le ciel de t’avoir inventé et de m’avoir conduite jusqu’à toi.
Au plus profond de mes souvenirs, je savais que tu étais là.
Amour, souviens toi de nous.
                                                            
                                                                                                 Chris
                                                                                                 Lyon, le 11 septembre 2058



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En ce 15 novembre de l’an de grâce 2017, entrent dans la ronde des « Lettre(s)... »
chez...
chez DH, etc.




lundi 6 novembre 2017

mardi 22 novembre 2016

Fall mourning








La nuit d’obsidienne a laissé place à l’aube. Dans le soulèvement de la brume, l’horizon, rincé par la pluie, s’aquarelle. Les arbres dévêtus de leur parure d’été portent le deuil à leur pied. La lumière du soleil se diffracte sur les feuilles humides diaprant l’air de tessons aux nuances opalines.

Au bord de la semaine, se reposer… un autre matin, une autre promenade au bord de la rivière du deuil. Seule, devant la fenêtre, écouter le gazouillement des mésanges, chercher le réconfort dans le fredonnement du vent. Une larme coule sur la vitre. Frôlement de ses douces ailes. Souffle, murmure...




mardi 15 novembre 2016

Sentinelle de granit



 


La nuit afflue vers les pierres millénaires,
la silhouette de la gargouille grimaçante
chasse les derniers vestiges du jour.

Gargouille au regard pétrifié, à la gueule béante,
tu n’es pas une menace, tu veilles
sur le cours lent de mes heures nocturnes.

J’affronte les ténèbres,
chemin vers d’obscurs mystères.
Je m’égare sur des routes,
promesses d’énigmatiques rendez-vous.

Éternelle sentinelle de granit,
ultime veilleuse matinale,
de ta masse familière,
tu m’accompagnes au-devant de l’absolu.


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Ce texte a été publié pour la première fois sur « Rencontres improbables », le blog de Lanlanhûe, dans le cadre des Vases Communicants d'octobre 2016.






mardi 8 novembre 2016

Fractales



© Franck Queyraud Le Rhin, ses nuages et tout ce qu'on ne dit pas

Sa venue au monde fut comme la traversée d’un tunnel long et obscur. Elle en garde un goût pour les voyages immobiles et solitaires. Enfant, on la dit timide et renfermée ; on la trouve taciturne. Sa compagnie préférée, les personnages des histoires qu’on lui raconte puis des romans qu’elle lit.

Lorsqu’elle franchit la porte de la maison, elle marche en regardant ses pieds au bout desquels s’ouvre un univers de surprises et de rencontres.
Sur les trottoirs de la ville, elle recherche les pousses vertes dont le combat entêté contre le goudron la réjouit et elle tente de décrypter les traces laissées par l’humanité si peu soucieuse de respect. Dans l’herbe, elle part en quête de trèfles à quatre feuilles, observe les insectes affairés et cueille parfois quelques fleurs qu’elle laisse sécher entre les pages des livres.
Elle rapporte toujours dans sa poche quelques cailloux dont elle aime les couleurs et les formes, dans ses oreilles les voix des hommes et les sons de la nature.

Un jour que ses yeux précèdent ses pas sur le chemin, elle trébuche et tombe. A plat ventre dans l’herbe, elle se retourne, voit le ciel, découvre les nuages et leur course, elle apprend la fuite éperdue. Elle part vers l’horizon. Chaque regard lui révèle que l’univers qui se déroulait au bout de ses pieds est l’abrégé du cosmos tout entier.

Elle, n’est qu’une partie du Grand Tout. Elle suit les nuages et le fleuve jusqu’à la mer.
Dans le sable de la plage, elle cherche les cailloux lissés par le flux et le reflux, les coquillages nacrés par l’alchimie de l’eau et du vent. Elle déchiffre les dessins de l’écume et ceux laissés par la mer lorsqu’elle se retire. Elle écoute le ressac des vagues.

Silence.

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Ce texte a été publié pour la première fois sur « Mémoire silence », le blog de Franck Queyraud, dans le cadre des Vases Communicants de septembre 2016.





vendredi 4 novembre 2016

Vases Communicants du 4 novembre 2016 : Invitée : Hélène Verdier

Chevets



Comment s’étaient-ils rencontrés ? 
Par hasard, comme tout le monde. 
Comment s’appelaient-ils ?
Que vous importe? 
D’où venaient-ils ? 
Du lieu le plus prochain. 
Où allaient-ils ? 
Est-ce que l’on sait où l’on va? 
Que disaient-ils ?
Denis Diderot, Jacques le fataliste (Incipit)


Comment s’étaient-ils rencontrés ? 
Ils s'étaient rencontrés sur le Rivage,  lieu unique du croisement de l'eau, du ciel et de la terre, le derrière soi et le devant soi séparés par le fil incertain du mouvement des vagues et des pas, et par le trait droit de l'horizon toujours menacé par les humeurs du temps et de l'être,
à croire que tout est à tous miracle et merveille et tombe des nues  (Guy Goffette)


Comment s’appelaient-ils ?
Ce pourrait-être moi ? Ne parlons pas de lui qui, selon moi, pourrait être plusieurs — je n'ai  pas la mémoire des noms. Au quotidien, je consulte un manuel de gymnastique photographique pour entraîner le souvenir en défaillance  : 
Utilisez les accumulateurs immédiatement après leur charge. Les accumulateurs peuvent perdre leur charge s'ils restent inutilisés. (D7000)


Que vous importe ?
Diable d'homme, drôle de bougre,  sacré Denis qui pose les questions pour esquiver les réponses sous la forme d'autres questions. À le lire, pardon pour ces irrévérences, je crois entendre les questions sans fin des enfants, de 7 ans forcément, qui jouent sous mes yeux sur la plage en construisant châteaux de sable, et le parent-mentor lassé de répondre «et pourquoi, et pourquoi ? et pourquoi quoi ?»
Working on the edge : travailler sur le fil du rasoir, terme utilisé pour parler de la pêche au crabe. (Catherine Poulain)


D’où venaient-ils ? 
De tabernacle en tabernacle, la réponse semblait identique pour l'un(e) comme pour l'autre nous épargnant ainsi la difficulté d'un semblant de dialogue sur l'origine, affalés dans des chaises longues inoccupées — mais tournées vers une tente en tabernacle qui venait masquer tout espoir d'horizon.
[...] ce sein qui déjà peut-être me portait dans son ténébreux tabernacle sorte de têtard gélatineux lové sur lui-même avec ses deux énormes yeux sa tête de ver à soie sa bouche sans dents un front cartilagineux d'insecte, Moi ?... (Claude Simon).


Où allaient-ils ?


Nul pas même moi ne le savait. Mise à part la certitude qu'un jour il y aurait une dernière nuit sur terre. Et parce qu'à ce moment là, face à la mer,  je pensai à Marthe dans sa baignoire (depuis Villers-sur-mer souvenir du Canet).
Madame flottait dans sa baignoire devenue trop grande comme le bouchon sur la vague. (Didier Goupil).


Est-ce que l'on sait où l'on va ?
Mettons-donc de côté la question de l'ultime ou du dernier. Je, on, ils avancent masqués à la recherche de... Ici sans nul doute la réponse ne peut être impropre. Il s'agit de chacun.  Avec les outils reçus et les outils forgés il faut bien creuser la terre, ratisser le sable, malaxer la matière. Je songeai à l'énergie de Louise, ce petit bout de femme,  dans son sacré combat pour imposer sa dignité. 

Comme convenu, j'appelle Louise Bourgeois pour lui dire au revoir et l'assurer que tout va bien. [...]. Non  je n'ai pas oublié son masque. Je dis «son masque» sans y penser. Oui je l'ai bien emballé. Il arrivera sain et sauf. Non je ne sais toujours pas à quoi m'en tenir avec lui. Au moment de nous quitter, Louise Bourgeois hurla à l'autre bout du fil : Cela n'a rien à voir avec la mort ou avec les beaux-arts ! Les masques ont assez de force pour leur résister.  (Xavier Girard).


Que disaient-ils ? 
Elle parlait de Barthes et aussi de poésie.
La voix de Barthes me conduit vers un dernier Haïku («mais non ultime», il est du grand Bashō, je le connais par cœur :
 Comme il est admirable
Celui qui ne pense pas «la vie est éphémère»
En voyant un éclair
La nuit est vaste, splendidement étoilée, la mer est tranquille. Je suis tranquille moi aussi, tout peut commencer, tout est clair à présent. (Colette Fellous).

*   *
*

Il ne répondit rien. Il regardait dans le ciel le tout premier éclair qui annonce l'orage.  Plongé dans ses pensées, ou peut-être s'agissait-il des prémisses d'un trouble ?
Une stéréotypie idéo-comportementale (...). J'aime les catastrophes aériennes parce qu'elles répondent toujours à une logique précise qu'on peut découvrir d'après des indices parfois ténus ; et j'aime le scrabble parce qu'il ravale à l'arrière-plan la question du sens des mots et permet de faire autant de points avec «asphyxie» qu'avec «oxygène». (Emmanuel Venet).
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Sur ma table de chevet, il y a quelques piles de livres d'où sont extraits, dans l'ordre des 7 questions de l'incipit,
7 excipit, en italiques :
Guy Goffette, Petits riens pour jours absolus. L'usage des villes (une prière), Gallimard, p.108
Nikon, D7000, Manuel d'utilisation, p.321
Catherine Poulain, Le grand marin, Editions de l'Olivier, p.373 (merci à Elisabeth Lamiscarre)
Claude Simon, Histoire, La Pleiade, p.416
Didier Goupil, traverser la Seine, Le serpent à plumes,  (fin non paginée)
Xavier Girard,  Louise Bourgeois, face à face, Seuil, p.160-161, merci Xavier.
Colette Fellous, La préparation de la vie, Gallimard p.202, 203
et
Emmanuel Venet, Marcher droit, tourner en rond, Verdier, p.28 (citation dans le corps du texte)

Tout ceci n'est qu'un jeu, un exercice de style. 
Mais tout est véridique, à commencer bien sûr par la pile de livres.

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François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois, que j’ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014. Je remplace Angèle depuis bientôt un an.


Aujourd’hui, j’ai donc le très grand plaisir de recevoir Hélène Verdier pour ces Vases Communicants et de publier son texte sur La dilettante. Nous avons choisi d’écrire chacune à partir d’une photo de l’autre en écho à l’incipit du « Jacques le fataliste » de Diderot.


Je la remercie d'accueillir mon texte « Est-ce que l’on sait où l’on va ? » sur « Simultanées ».


lundi 25 janvier 2016

Comme une main ouverte...







comme une main ouverte paume vers le ciel
nervures d'une feuille aux tons ocres

lignes de chance de vie – vers l'infini
sillons plissements croisées
éphélides transparences bleutées stigmates

flux de sève arrêté – finitude

d'amont en aval court la vie
juste un peu d'humus




Ce texte a été publié pour la première fois sur le blog d'Anne-Sophie Bruttmann, dans le cadre des Vases Communicants de novembre 2015.










Vases Communicants du 5 novembre 2015 ; Invitée : Anne-Sophie Bruttmann : Les hortensias sont blancs sous les fenêtres.


© Eva Truffaut, série « Polaroids ».














Les hortensias sont blancs sous les fenêtres.
Blanc couleur lame de rasoir.
Blanche, la coupure. Césure. Temps mort.

Souvent je me réveille en sursaut. Les souvenirs.

Je sais que j'arrive à Paris en automne ; je suis jeune encore. Les rides sous mes yeux n'ont pas atteint le regard. Les joues sont roses. 
Je ne sais de qui j'ai hérité l'âme fiévreuse. Lorsque je croise le chat des voisins, j'ai envie de l'attraper et de le jeter contre le mur jusqu'à ce qu'il éclate. 

J'ai du mal à différencier les pulsions meurtrières des pulsions suicidaires. J'aimerais tellement tuer.
La vie est lourde comme du linge mouillé. Je parle de l'ennui, de la fatigue. J'ai toujours eu un penchant certain pour l'ennui, il me fascine et me happe, comme le reflet d'une arme.


© Eva Truffaut, série « Polaroids ».






















L'automne chaque année marque la fin du supplice de la chaleur.
Celle qui me fait me trainer comme un poids mort, une déchéante, une déchirée. Je n'ai pas connu la froideur véritable des paysages de mes origines, de la mer, et pourtant je suis comme ce pays que je ne connais pas, austère et secrète. 
Je ne me baigne pas dans la mer. Elle est froide, elle est ironique, elle est dangereuse. Elle se moque de moi. La plage est une étendue grise et morose, couleur de morgue.


Aujourd'hui je me penche à la fenêtre, les hortensias sont roses. J'ignore combien de temps a passé. 


© Eva Truffaut, série « Polaroids ».





La continuité dans le changement, ou le contraire peut-être…

François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois, que j’ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014. C'est à mon tour de remplacer Angèle, j'espère être à la hauteur et me montrer digne de sa confiance.



Aujourd’hui, j’ai donc le très grand plaisir de recevoir Anne-Sophie Bruttmann pour ces Vases Communicants, qui sont les premiers pour elle, et de publier sur La dilettante « Les hortensias sont blancs sous les fenêtres ».


Je la remercie d'accueillir mon texte « comme une main ouverte » sur son blog « annesodiversetvariations ».