Affichage des articles dont le libellé est lecture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est lecture. Afficher tous les articles

mercredi 16 juillet 2025

Bulles de métro

Ce matin, métro, ligne 4… d’abord observer, regarder, écouter mais très vite s’enfermer dans une bulle d’écriture pour commencer à écrire ce texte. Des bulles nous en avons plusieurs en fonction du contexte et au fil du temps. Certaines nous protègent, d’autres nous anéantissent. Les bulles sont de musique, de lecture, d’écriture, de pensée, de relaxation… Dans les transports franciliens, veiller à ce que la bulle ne soit pas trop étanche, plusieurs fois il m’est arrivé de me tromper d’embranchement de RER, plusieurs fois j’ai raté la station où je devais descendre.

Hier, j’ai repris le métro 4, la partie sud de la ligne qui a été fermée neuf jours, ce n’est pas beaucoup pour des travaux d’été mais, pendant trois jours, seulement et heureusement, j’ai dû aller travailler en bus. J’entends déjà vos protestations, c’est bien le bus, il y a la lumière naturelle, le ciel, le paysage, les monuments de Paris, les belles façades, oui c’est bien le bus mais je mettais trois fois plus de temps pour atteindre mon but et ça m’a replongée dans l’angoisse qui naissait dans les années qui ont précédé mon déménagement. Je prenais alors la ligne 8 pour me rendre au travail.

Le trajet était long et je n’avais pas envie de lire car ni l’assise ni l’éclairage n’étaient agréables et souvent je faisais le trajet debout. Pendant toutes ces années, j’ai mis des écouteurs dans mes oreilles, j’ai écouté de la musique, des chansons plutôt, pour m’isoler de cet univers que je ressentais comme hostile. D’ailleurs, sur cette ligne, presque personne ne lisait, ce n’est pas tout à fait vrai, j’ai souvent vu des hommes et des femmes qui le matin lisaient la Bible ou le Coran. D’autres restaient le regard dans le vague, ensommeillés ou se projetant déjà dans la longue journée qui ne faisait que commencer. La plupart des voyageurs étaient attachés à leur téléphone soit par les oreilles soit par le regard.

Aînée d’une sororie, là le féminin remporte sur le masculin puisque nous sommes quatre filles et un garçon, j’ai très vite appris à me créer une bulle de lecture. Maman me disait souvent : « Toi, quand tu lis, le monde autour de toi pourrait s’écrouler. » Avant l’avènement des écrans qu’on emporte partout, avant l’avènement des réseaux sociaux, je lisais tout ce qui me tombait sur la main, les notices en attendant chez le médecin, les horaires de train dans les gares, les magazines féminins chez le coiffeur,… Aujourd’hui, simplement regarder par la fenêtre du métro et voir défiler toutes les publicités, de plus en plus déroulantes sur des panneaux lumineux, ne me fait plus rêver, d’ailleurs elles ne sont pas là pour ça.

Depuis un peu plus d’un an, je voyage sur la ligne 4, c’est beaucoup plus agréable que sur la 8. J’ai mis quelques mois à lire de nouveau dans les transports mais surtout j’ai retrouvé le plaisir de découvrir ce que lisent les autres. Un livre que j’ai lu et je me sens comme une complicité avec le lecteur qui est souvent une lectrice. Pendant l’année universitaire, des étudiants lisent des essais philosophiques, historiques, sociologiques… Souvent, ce sont des romans que leur lecteur dévore avec tant de gourmandise que ça aiguillonne ma curiosité. Parfois, je peux lire quelques lignes sur la page ouverte ce qui suscite mon d’envie d’en savoir plus. Alors, je me tords le cou pour tenter d’apercevoir le titre, c’est souvent difficile, quelquefois j’ose demander. Le plus énervant, ce sont les liseurs sur liseuse, il m’arrive d’en être une, sourire, on ne peut ni lire par-dessus leur épaule ni deviner le genre de la lecture grâce à la couverture et encore moins connaître le titre sans déranger.

Sortir de sa bulle pour regarder autour de soi, pour écouter ce qui se passe et pour ne pas rater la station Saint-Germain-des-Prés, la troisième consécutive à porter un nom de saint. Quand je suis sortie de cette bulle d’écriture matinale, je me suis aperçue que c’était aussi une bulle sensorielle, surtout olfactive puisque je me suis instantanément sentie agressée par les odeurs corporelles et les effluves de parfums de mes voisins et voisines que je n’avais pas perçus avant.

 

 
 
Métro République - Ligne 8  - C'est bondé, j'attends le suivant... (2010)  

 

____________________________ 
 
 
Texte écrit avec Les Mots dans le cadre du défi de l’été 2025 : « du petit plongeon au grand bain ». « Semaine 1 : Trempez un doigt dans la piscine, avec un premier désir d'écriture ».

  



 

 

lundi 23 novembre 2015

Donner l'hospitalité...



Un nid pour l'hiver - Bernard Villiot ; illustrations de Zaü - L'Elan Vert





Quand débute la grande migration d'automne vers les pays chauds, un petit merle se brise une patte. Il cherche un arbre pour y construire un nid pour l'hiver… Les illustrations discrètes et expressives de Zaü accompagnent délicatement le lecteur sur le chemin.

C'est avec un grand plaisir que j'ai relu ce conte que je connaissais depuis longtemps car il figurait dans « Comment raconter des histoires à nos enfants » de Sara Cone Bryant. Je l'ai raconté maintes fois lorsque j'étais bibliothécaire pour la jeunesse.

Une lecture qui prend tout son sens en ces temps où accueillir l'Autre et lui offrir un abri, au détriment parfois de son propre confort, est une question qui se pose à notre société avec acuité.

Ce conte nous amène à réfléchir mieux qu'un long discours.




J'ai publié cet avis dans Babelio (Masse critique) ; pour des raisons que vous comprendrez, j'ai pensé qu'il avait sa place ici.






 


lundi 16 mars 2015

Instantanés reprise : texte, photographies et lecture

Je reprends ici le texte que j'avais écris pour les Vases Communicants de mars et qui avait été publié sur le blog Les Tribulations d'Eric Dubois.

Pour certains des instantanés, j'ai ajouté un lien vers la photo qui en est à l'origine.



Qui ne sait pas peupler sa solitude,
ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée.
Charles Baudelaire, Les Foules (Le spleen de Paris ; XII)


InstantanÉs
PETIT POÈME PAS TOUT À FAIT EN PROSE

Assis en tailleur sur le banc casque sur les oreilles sac à dos près de lui vélo accoté au banc Il est ailleurs déjà presque reparti / Des plumes qui volent Des coups de becs La vieille dame au béret rouge s’en est allée laissant les pigeons s’arranger des biscottes écrasées du bout de sa canne / Arc-bouté sur la poussette de l’enfant Déterminé il avance sans même un regard pour l'étal du bouquiniste / Assis sur le banc il lit le journal A ses pieds quelques cannettes de bière vides abandonnées par les élèves du lycée voisin / Elle dit trop haut à son amie Mon père m'y a forcée moi je ne voulais pas me marier je voulais réussir dans ma vie / Assise sur un banc elle dévore un livre et une pomme / Des touristes plutôt des promeneurs D'un sac à dos ils sortent des viennoiseries et un thermos de café qu'ils versent dans des gobelets en plastique // Le temps d'une cigarette d'une photo de quelques notes Elle ne fut qu'une passante



Ecouter la lecture sensible et nuancée qu'en a faite Angèle Casanova pour la recension des Vases Communicants de mars.




samedi 20 décembre 2014

La fin d'un monde...



La lecture de cet avis de décès sur montceau.news ce matin


m’a ramenée à la lecture du livre si juste et si sensible de Marie-Hélène Lafon lu en septembre…

© Culturebox

Vous pouvez retrouver ma chronique de ce livre sur Babelio : 


samedi 6 décembre 2014

Merci Hélène Cixous pour vos mots...


Mais de même que maman était en route depuis des années avant le départ, de même elle pouvait être en train de me revenir depuis le loin pays inconnu où les maladies et les affaiblissements successifs l'avaient bannie.
Selon ma fille elle était devenue une autre, cette toute autre, après sa pneumonie, il y a de cela huit ans, elle y avait perdu ses traits principaux, l'agilité, l'équilibre, la rapidité, elle était morte et elle avait ressuscité de l'autre côté, vieille, vacillante, invalide, tout le contraire d'Eve mais je n'avais jamais enregistré cette métamorphose, je la voyais toujours dans mon esprit amoureux d'Eve d'avant, filer le matin au marché où elle avait cessé d'aller depuis huit ans...

Hélène Cixous, Homère est morte


Merci aussi à @ESchulthess, @BordsDesMondes, @CatiminiPlume et Roland Barthes 
dont les mots m'accompagnent sur le chemin du deuil.

vendredi 28 juin 2013

Automne de René-Guy Cadou, poème de mon enfance


Lors d'une promenade à Saint-Germain des Prés, nous avons vu qu'une braderie de livres était organisée par la paroisse dans un local derrière la basilique. Nous sommes entrés...
J'y ai trouvé le recueil "Les amis d'enfance : 14 poèmes inédits" de René-Guy Cadou publié en 1965, année de ma naissance, par La Maison de la Culture de Bourges.
Il contenait le poème "Automne" dont j'avais gardé en tête les deux derniers vers que je me récite souvent au moment de la rentrée.
Ce poème est aussi reproduit en version manuscrite sur le rabat de la quatrième de couverture ; c'est cela qui est photographié ici. 


samedi 22 janvier 2011

Les Mentsh et les autres...

Cet après-midi, à la Médiathèque d'Alfortville...
Au début de la rencontre-concert, les Mentsh nous invitent pour un voyage et c'est bien un voyage dans l'espace et dans le temps que nous faisons avec eux au rythme de la musique klezmer, avec Alexis Kune à l'accordéon et Samuel Maquin à la clarinette...
Je me laisse glisser vers un monde aujourd'hui disparu mais que je retrouve toujours avec plaisir dans mes lectures et la peinture de Chagall.
22 janvier 2011 Alfotville Médiathèque Les Mentsh
Klezmer par Joann Sfar

Les Mariés de la Tour Eiffel de Marc Chagall
  
Isaac Bashevis Singer