Ils disaient "il faut couper le cordon ombilical", la faux a terminé le travail laissé inachevé par le bistouri.
Des sons, des photographies et des fragments de textes, isolés ou combinés ; les connexions qui me viennent à l'esprit face à la société et au monde tel que je les perçois, les analyse parfois mais aussi ce qui germe au plus profond.
mercredi 6 mai 2015
vendredi 1 mai 2015
Vases Communicants du 1er mai 2015 : Les présents ; Invitée : Rixile
Nous
étions restés dans l'ombre de nos vies. Nous observions les démarches et
écoutions les voix. Nous nous cherchions dans le pas à pas. Nous laissions
pousser les oliviers. Avions déposé les rapidités à nos pieds, les cris, les
courses effrénées, les histoires emmêlées et les amours incomprises. Etions
partis à la recherche des présents. N'étions pas partis justement, restés sur
place, attendant de prendre racine, nous tenir droit et soi. Nous défaire des
murs, des grillages, des tenues et habillages. Et boire les présents comme on
boit aux sources dans le profond de la terre. Nous avions compris l'urgence
d'inventer le temps long, de ralentir la pellicule jusqu’à l'arrêt, chaque millimètre
comme présent du temps, impérativement. Nous n'avions que le temps du temps.
Pas le moindre souffle de précipitation. Un torrent de présents. Un absolu du
vide ouvert et paisible. Nous pouvions tout embrasser, parcourir tous les
chemins sans jamais être partis, par-delà l'espace et le temps, chaque instant,
être les hommes qui marchent, figés dans leur socle de bronze, dans l'élan de l'avant.
François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier
vendredi de chaque mois. Je les ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés
par Brigitte
Célérier ; Angèle
Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014.
Aujourd’hui, j’ai le plaisir d'accueillir Rixile pour ces Vases Communicants et de publier sur La dilettante son texte "Les présents". Merci à elle d'accueillir mes "Petits présents" sur son blog.
vendredi 3 avril 2015
Vases Communicants du 3 avril 2015 : En attendant le printemps ; Invité : Eric Schulthess
François
Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi
de chaque mois. Je les ai découverts alors qu’ils étaient
coordonnés par Brigitte
Célérier ; Angèle
Casanova a pris le relais à partir de
novembre 2014.
Aujourd’hui, j’ai le
plaisir d'accueillir Eric Schulthess pour ces Vases Communicants
et de publier sur La dilettante son poème "En attendant le printemps". J'ai "rencontré" Eric Schulthess par ses www.sonsdechaquejour.com/, j'ai aussi plaisir à lire ses textes dans carnetdemarseille.com/ où il m'accueille aujourd'hui avec quelques haïkus que j'ai commis à cette occasion.
En attendant le printemps
Tu
as lancé ton signal d’or au-dessus des toits
Comme
un souffle vif et chaud pour transpercer la froidure
Les
maisons ont cligné des yeux
La
ville a frissonné dans le noir
J’ai
su que tu arrivais
Le
lendemain, tu as joué avec le ciel
Envoyé
un nuage caresser les mâts
Trôné
tout là-haut en silence
Personne
n’a douté de ta présence
J’ai
su que tu approchais
Chaque
rocher m’a parlé de toi
De
ton passage parmi les algues et les embruns
La
rade s’est offerte
Les
vagues se sont tues
J’ai
su que tu venais
Dans
le quartier, au fil des pas
Ruelles
désertées
Trottoirs
résignés
Rideaux
baissés
J’ai
su que tu tarderais
En attendant le printemps. Huit haikus et un poème
Eric lit nos Vases Communicants d'avril
dimanche 29 mars 2015
Un aimant jamais n'abolira le hasard
Figure majeure de l’art
cinétique, Takis fête ses quatre-vingt-dix ans au Palais de Tokyo.
L’exposition "Champs magnétiques" présente
l’ensemble de l’œuvre de cet artiste qui a su mêler lumière,
musique, vent et aimants pour célébrer les forces
vitales
et fondamentales de l’univers.
J’ai
été littéralement aimanté par les "Panneaux musicaux" ;
là, je me suis assise dans le petit amphithéâtre et j’ai écouté…
La magie a opéré… Je suis ensuite allée à la découverte du fonctionnement de cette installation : des électro-aimants dissimulés derrière les tableaux blancs déplacent de grosses aiguilles qui viennent frapper aléatoirement des cordes produisant l’étrange musique que j’avais pu entendre pendant quelques minutes.
Jusqu'au 17 mai prochain, au
Palais de Tokyo, allez
admirer les "Champs
magnétiques" et écouter les "Panneaux musicaux"
de Yakis.
Vous pouvez voir des photos de "Panneaux musicaux", celles de l'exposition "Champs magnétiques" et de ma visite au Palais de Tokyo
sur Flickr.
jeudi 26 mars 2015
The Incredible Adventures of Border-Crossers, performance d'Ong Keng Sen: répétition publique au Palais de Tokyo
Lundi
dernier,
lors
de ma visite au Palais de Tokyo, où je m’étais rendue aimanté
par l’exposition « Takis / Champs magnétiques », j’ai
été
happée par
la répétition publique de « Les
aventures incroyables des border-crossers »
et j’ai été complètement subjuguée. Tous
les arts -théâtre, danse, musique, chat, photographie et vidéo-
sont convoqués pour nous envoûter. Pour chacune
des expressions artistiques, tradition et modernité s'unissent pour faire jaillir le sens.
Cette performance d’Ong Keng Sen, qui dure six heures, sera donnée au Palais de Tokyo les 27 et 28 mars 2015. Elle sera associée au vernissage de l'exposition « Archipel Secret » et ouvrira le festival « Singapour en France » qui se déroulera du 26 mars au 30 juin 2015.
Par
cette longue fresque, le performer raconte l'histoire de Singapour et
celle des Singapouriens essaimés à travers le monde.
Vous
pouvez retrouver les photographies prises lors de cette répétition
et de cette visite au Palais de Tokyo sur
Flickr.
samedi 21 mars 2015
Arctophile, vous avez dit arctophile…
L’exposition « La
fierté du collectionneur » avait lieu à Alfortville du 14 au
19 mars 2015. Les collectionneurs de cette association ont exposé ce
qu’ils ont de plus précieux et nous ont fait partager leur
passion. Ce fut le cas de cette gentille arctophile qui a accepté de
me parler de sa collection d’ours en peluche.
Si vous avez envie de voir les photos des ours en peluche (et d'autres nounours).
lundi 16 mars 2015
Instantanés reprise : texte, photographies et lecture
Je
reprends ici le texte que j'avais écris pour les Vases Communicants
de mars et qui avait été publié sur le blog Les
Tribulations d'Eric
Dubois.
Pour
certains des instantanés, j'ai ajouté un lien vers la photo qui en
est à l'origine.
Qui
ne sait pas peupler sa solitude,
ne
sait pas non plus être seul dans une foule affairée.
Charles
Baudelaire, Les Foules (Le spleen de Paris ; XII)
InstantanÉs
PETIT
POÈME PAS TOUT À FAIT EN PROSE
Assis
en tailleur sur le banc casque sur les oreilles sac à dos près de
lui vélo accoté au banc Il est ailleurs déjà presque reparti
/ Des plumes qui volent Des coups de becs La vieille dame au béret
rouge s’en est allée laissant les pigeons s’arranger des
biscottes écrasées du bout de sa canne / Arc-bouté
sur la poussette de l’enfant Déterminé il avance sans même un
regard pour l'étal du bouquiniste / Assis
sur le banc il lit le journal A ses pieds quelques cannettes de bière
vides abandonnées par les élèves du lycée voisin / Elle dit
trop haut à son amie Mon père m'y a forcée moi je ne voulais pas
me marier je voulais réussir dans ma vie / Assise
sur un banc elle dévore un livre et une pomme / Des touristes
plutôt des promeneurs D'un sac à dos ils sortent des viennoiseries
et un thermos de café qu'ils versent dans des gobelets en plastique
// Le temps d'une cigarette d'une photo de quelques notes Elle ne fut
qu'une passante
Ecouter
la lecture sensible et nuancée qu'en a faite Angèle Casanova
pour la
recension des Vases Communicants de mars.
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