vendredi 4 septembre 2015

Vases Communicants du 4 septembre 2015 ; Invité : François Bonneau


Pour ce mois de septembre, un échange entre L'Irrégulier et la Dilettante... Ne pas écrire pour, mais chez l'autre.

Suite à quelques échanges, nous avons décidé d’écrire l’un chez l’autre à partir d’une de des photos envoyées par l'autre.


https://www.flickr.com/photos/8989278@N03/5155870130/in/photolist-8Ry88X-8RWykj-8S7bBC-8RBbyA-8SjTaN-8RTjXM-8RTyNv-8S72EC-8RTB3P-8SjMAL-8S3YtT-8RTBfx-8RBmyd-8RTzpD-7KbJ4Q-7JZTZH


Hors de la nuit

Ils grimpent hors de la nuit, émergent vers le blanc. Dans le froissement d’un sac, d’une manche frôlée.
Les semelles encore fatiguées, ils tournent leurs dos ronds aux étoiles, là, derrière, et dans un mouvement qu’ils voudraient allégés, ils sèchent la fatigue qui ruisselle, encore ça et là, à l’interstice des membres et jusque sur les joues.
Là-haut, c’est bien trop blanc, à en tomber sur tous les crânes, en éclats ou écailles.
Pourtant, ils grimpent hors de la nuit et piétinent, peut-être, ce début de journée. Et si ce jour n’est paillasson, ils pourraient se baigner dans son silence ardent, écouter l’air qui stagne et qu’ils traversent encore. Qui pourrait les saluer. Ils l’attendent, en partant.




François Bonneau




François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois. Je les ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d'accueillir François Bonneau pour ces Vases Communicants et de publier son texte sur La dilettante son texte ".....". Merci à lui d'accueillir « Silence, ça vibre... » sur son blog.




jeudi 6 août 2015

Lumière(s) de Trouville

"Dès que je m'éloigne de Trouville, j'ai le sentiment de perdre de la lumière."
Marguerite Duras


https://flic.kr/p/wHFA8V
La Halle aux poissons

https://flic.kr/p/w4i33P
Le repos des parasols

https://flic.kr/p/wZqXwU
Soleil couchant aux Roches Noires

https://flic.kr/p/wQwRxf
Reflets du couchant

(pour voir les originaux, cliquer sur les photos)


































































































vendredi 3 juillet 2015

Vases Communicants du 3 juillet 2015 ; Invitée : Danielle Masson

Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre...

Suite à quelques échanges, nous avons décidé d’écrire l’une chez l’autre à partir d’une de mes photos envoyées.


Merci de bien vouloir découvrir les quelques mots qu’elle m’a inspirés.



44 ° Celsius à l’instant au thermomètre.
Mais ouf, la Trompette de Jéricho de ses longues tiges feuillues m’abrite de ce soleil cuisant.
Je me cache derrière la grille pour surveiller les différents hôtes du jardin.


Eh, l’abeille, va un peu plus loin pour butiner.
Ne te trompe pas !
Mes joues bien rebondies ne te permettront pas de te repaitre.
Faux bourdon, plus loin aussi.
Va cueillir le nectar des fleurs de mon amie la bignone, mais loin de moi.

Mon amie la bignone me l’a dit ce matin…

Fifi, l’olivier n’aime pas que tu lui broutes les feuilles
Va voir plus loin le trèfle, la luzerne
Ne touche pas aux cucurbitacées
Je souhaite en faire de bonnes soupes l’automne revenu.
Fifi ! Allez ouste !

Mon amie la bignone me l’a dit ce matin…

Mais Mini Coq, c’est le milieu de la journée
Ne t’égosille pas comme cela
Il fait trop chaud
Tu me casses les oreilles
Descends de ton arbre.

Mon amie la bignone me l’a dit ce matin…



François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois. Je les ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014. Pour ce mois de juillet où elle est très occupée, Brigitte Célérier est de retour !


Aujourd’hui, j’ai le plaisir d'accueillir Danielle Masson pour ces Vases Communicants et de publier son texte sur La dilettante son texte "Les présents". Merci à elle d'accueillir « Straw doll » sur son blog.



mardi 16 juin 2015

Turbulences

          corps clameur

frémissement   chuintement   bourdonnement   sifflement   gargouillement   crachotement   ronflement   grondement


          carcasse clameur

affaissement   glissement    bruissement   frottement
crissement   grincement   craquement   enraiement


                                                  tumulte



corps silence
          carcasse silence


...




mercredi 6 mai 2015

Couper le cordon ombilical

Ils disaient "il faut couper le cordon ombilical", la faux a terminé le travail laissé inachevé par le bistouri.


vendredi 1 mai 2015

Vases Communicants du 1er mai 2015 : Les présents ; Invitée : Rixile

Nous étions restés dans l'ombre de nos vies. Nous observions les démarches et écoutions les voix. Nous nous cherchions dans le pas à pas. Nous laissions pousser les oliviers. Avions déposé les rapidités à nos pieds, les cris, les courses effrénées, les histoires emmêlées et les amours incomprises. Etions partis à la recherche des présents. N'étions pas partis justement, restés sur place, attendant de prendre racine, nous tenir droit et soi. Nous défaire des murs, des grillages, des tenues et habillages. Et boire les présents comme on boit aux sources dans le profond de la terre. Nous avions compris l'urgence d'inventer le temps long, de ralentir la pellicule jusqu’à l'arrêt, chaque millimètre comme présent du temps, impérativement. Nous n'avions que le temps du temps. Pas le moindre souffle de précipitation. Un torrent de présents. Un absolu du vide ouvert et paisible. Nous pouvions tout embrasser, parcourir tous les chemins sans jamais être partis, par-delà l'espace et le temps, chaque instant, être les hommes qui marchent, figés dans leur socle de bronze, dans l'élan de l'avant.



François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois. Je les ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d'accueillir Rixile pour ces Vases Communicants et de publier sur La dilettante son texte "Les présents". Merci à elle d'accueillir mes "Petits présents" sur son blog.


vendredi 3 avril 2015

Vases Communicants du 3 avril 2015 : En attendant le printemps ; Invité : Eric Schulthess


François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois. Je les ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d'accueillir Eric Schulthess pour ces Vases Communicants et de publier sur La dilettante son poème "En attendant le printemps". J'ai "rencontré" Eric Schulthess par ses www.sonsdechaquejour.com/, j'ai aussi plaisir à lire ses textes dans carnetdemarseille.com/ où il m'accueille aujourd'hui avec quelques haïkus que j'ai commis à cette occasion.




En attendant le printemps



Tu as lancé ton signal d’or au-dessus des toits
Comme un souffle vif et chaud pour transpercer la froidure
Les maisons ont cligné des yeux
La ville a frissonné dans le noir
J’ai su que tu arrivais

 


Le lendemain, tu as joué avec le ciel
Envoyé un nuage caresser les mâts
Trôné tout là-haut en silence
Personne n’a douté de ta présence
J’ai su que tu approchais



Chaque rocher m’a parlé de toi
De ton passage parmi les algues et les embruns
La rade s’est offerte
Les vagues se sont tues
J’ai su que tu venais



Dans le quartier, au fil des pas
Ruelles désertées
Trottoirs résignés
Rideaux baissés
J’ai su que tu tarderais



En attendant le printemps. Huit haikus et un poème
Eric lit nos Vases Communicants d'avril