vendredi 1 mai 2015

Vases Communicants du 1er mai 2015 : Les présents ; Invitée : Rixile

Nous étions restés dans l'ombre de nos vies. Nous observions les démarches et écoutions les voix. Nous nous cherchions dans le pas à pas. Nous laissions pousser les oliviers. Avions déposé les rapidités à nos pieds, les cris, les courses effrénées, les histoires emmêlées et les amours incomprises. Etions partis à la recherche des présents. N'étions pas partis justement, restés sur place, attendant de prendre racine, nous tenir droit et soi. Nous défaire des murs, des grillages, des tenues et habillages. Et boire les présents comme on boit aux sources dans le profond de la terre. Nous avions compris l'urgence d'inventer le temps long, de ralentir la pellicule jusqu’à l'arrêt, chaque millimètre comme présent du temps, impérativement. Nous n'avions que le temps du temps. Pas le moindre souffle de précipitation. Un torrent de présents. Un absolu du vide ouvert et paisible. Nous pouvions tout embrasser, parcourir tous les chemins sans jamais être partis, par-delà l'espace et le temps, chaque instant, être les hommes qui marchent, figés dans leur socle de bronze, dans l'élan de l'avant.



François Bon a été à l’origine de ces échanges le premier vendredi de chaque mois. Je les ai découverts alors qu’ils étaient coordonnés par Brigitte Célérier ; Angèle Casanova a pris le relais à partir de novembre 2014.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d'accueillir Rixile pour ces Vases Communicants et de publier sur La dilettante son texte "Les présents". Merci à elle d'accueillir mes "Petits présents" sur son blog.


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