dimanche 18 mai 2014

Ma nuit des musées au MAC/VAL ou Je me lance...

Pour la nuit des musées, j'ai préféré plutôt que d'aller dans Paris rejoindre la foule dans les musées qu'on dit grands me rendre au MAC/VAL (Musée d'Art Contemporain du Val-de-Marne) d'abord parce que j'aime l'art contemporain, ensuite parce que c'est « chez moi ».

Je suis partie tard dans la soirée, je n'ai donc pas eu le temps de faire une visite de ce musée auquel je ne m'étais pas rendu depuis son inauguration ; ce sera pour une autre fois. Ainsi, je n'ai fait qu'assister à deux / trois performances. J'ai pris des photos et enregistré quelques sons. Et là, je n'ai pu m'empêcher de penser à Éric Schulthess, Dominique Hasselmann et Brigitte Célerier et à ce qu'ils partagent avec nous de ce genre d'expérience et de rencontre. Voilà, même si je ne prétends pas me hisser à leur hauteur, je me lance.

D'abord, comme j'entre dans l'exposition d'Esther Ferrer pour aller y voir/entendre « Questions aux français », mon attention est attirée par un étrange groupe dans un coin de la salle ; ils sont encore là quand je m'apprête à partir deux heures plus tard.


Lorsque je regarderai sur le site du Musée, je découvre qu'il s'agit là d'une autre performance que je n'avais pas repérée avant de partir « The Viewers » de Carole Douillard qui invite un groupe de « regardeurs », qui font face aux visiteurs à une action silencieuse.
Je jette aussi un coup d’œil sur l'exposition « Face B. Image / Autoportrait » d'Esther Ferrer, mon attention est particulièrement attirée par le tableau intitulé Eva :


et je ne peux résister à faire un autoportrait « Dans le cadre de l'art ».


Quand j'entends des essais de micro, je vais dans le coin opposé de la salle d'exposition pour "Questions aux français", performance d’Esther Ferrer par Frank Lamy, le commissaire de l’exposition. Il pose des questions à intervalles réguliers : Préférez-vous avoir un cousin germain ou un oncle américain ?, Préférez-vous être blanc ou blanche... ou vert ou verte ? Et d'autres que vous pouvez écouter dans :

 


Il est accompagné d'un traducteur en LFS qui traduit pour un groupe de malentendants.
Hélas, la technique est défaillante et nous entendons mal les interventions du questionneur et ce que traduit son accompagnateur des réponses des malentendants.


Je me rends ensuite à l'auditorium pour « Brébant vs. Bartók vs. Boussiron » avec Marie-Pierre Brébant au clavecin et Xavier Boussiron à la guitare électrique. Ils interprètent une vingtaine d'arrangement d’une vingtaine des Mikrokosmos de Belà Bartók ; une expérience originale et drôle ponctuées de petits problèmes techniques avec la guitare qui énervent le guitariste bien qu'il garde son humour.
Vous pouvez écouter un morceau :



ou la playlist si affinités :





Une soirée agréable donc. Puis retour en transports en commun. Le 172 en compagnie de Kamel Brahim, un artiste que j'ai rencontré dans le cadre de mon travail, jusqu'à Alfortville, puis seule jusqu'à L'Echat où le 281 ne passe que dans trois quarts d'heure ; je me rabats sur la ligne 8 du métro et suis de retour chez moi une vingtaine de minutes après. Et là, je me lance...

vendredi 25 avril 2014

mercredi 11 décembre 2013

Quelque chose se passe vraiment...

Depuis quelques semaines, je supporte de moins en moins la lumière. Au début, tirer les rideaux suffisait, puis j'ai du fermer les volets, même la faible lumière de la lune m'agresse ; aujourd'hui, j'ai bouché les moindres interstices avec des chiffons, le plus petit rai de lumière m'est devenu une véritable torture, mes yeux, ma peau se rétractent rien que d'y penser.

J'ai bien songé à aller voir le docteur Uzan mais il va encore me dire que c'est psychosomatique, que je dois arrêter de venir le voir pour rien, que je lui fais perdre son temps et que je perds le mien, que je dois me ressaisir, que je sais bien que...

Lui, il a toujours l'air de tout savoir mais moi ce que je sais, c'est que quelque chose se passe vraiment. Cette lumière que je ne supporte plus mais aussi tous ces changements imperceptibles dans mon humeur, tous ces changements flagrants aussi...

Tiens, je ne mangeais presque pas de viande et quand je le faisais, elle devait être très cuite... eh bien, lundi dernier, j'ai eu une envie irrésistible de viande crue, bien saignante.
Je suis même sortie en plein jour pour aller chez le boucher. Oh, bien sûr, j'ai pris mes précautions... J'ai cherché fébrilement mes lunettes de soleil dans le tiroir de la commode, j'ai mis aussi une écharpe devant mon visage et les gants très fins que j'utilisais lorsque j'allais faire un tour à moto.
Le boucher a du être bien intrigué en me voyant dans cet accoutrement en ce début de mois de septembre ensoleillé... mais moi je suis rentrée avec mon steak bien saignant que j'ai mangé cru. Quel délice !

Mais je sais depuis hier que la viande crue ne suffit plus ; hier, j'ai tué mon chat, Caramel, dont l'idée même qu'il puisse lui arriver quelque chose m'était insupportable. Eh bien, hier soir, sans hésitation, j'ai pris le grand couteau de cuisine, je l'ai d'abord égorgé, j'ai bu le sang, c'était rouge, c'était chaud, c'était doux, c'était mieux que le lait chaud sucré au miel que je prenais chaque matin au petit déjeuner... puis, après l'avoir éventré, j'ai planté mes dents dans ses viscères encore brûlants et je m'en suis délectée goulûment.

Goulûment... goulûment... goule... des images me reviennent à l'esprit, des images de contes orientaux ; une goule, une goule assoiffée de sang, voilà ce que je suis en train de devenir. Cela me fait-il horreur ? Non, même pas... la seule chose qui me paraît vraiment importante maintenant est comment je vais pouvoir subvenir à mes nouveaux besoins...

Cette nuit, quand les rues se seront vidées de tout passant, je sortirai, je trouverai bien un chat errant ou un pigeon...

Je sais que cela ne suffira pas toujours... dans quelques jours, dans quelques semaines, puis-je espérer dans quelques mois voire quelques années, ce n'est plus de sang animal dont j'aurai besoin mais de sang humain... D'ici là, j'aurai sans doute quitté cet appartement, ce quartier pour gagner des lieux où la moindre lumière ne pénètre jamais, pour gagner le monde des miens, celui des ténèbres.




samedi 30 novembre 2013

La femme-qui-aide

Elle aussi vit aux abords du village ; ses secrets à elle ne sont pas des livres, ne sont pas des langues, ses secrets à elle sont ceux de la vie, de la mort. Elle est celle que l'on fait venir pour les naissances et pour la toilette des morts.

Ses secrets font d'elle aussi une bannie...
Ils savent qu'elle sait, qu'elle sait comment se tisse le fil de la vie, comment il se casse...

Ils ne veulent pas avoir à faire à elle, avec elle. Pourtant, chaque jour quelqu'un, ou peut-être le font-ils chacun à leur tour, quelqu'un donc dépose devant sa porte ce dont elle a besoin pour la journée.

Personne ne veut la voir, personne ne veut croiser son regard.

On vient seulement la chercher pour la vie qui vient, la vie qui part... On reste à la porte, on dit qu'on l'attend.

Elle, elle sait où, elle sait si c'est la vie qui vient, la vie qui part...

On fait demi-tour, on rentre chez soi et l'on attend.




vendredi 28 juin 2013

Automne de René-Guy Cadou, poème de mon enfance


Lors d'une promenade à Saint-Germain des Prés, nous avons vu qu'une braderie de livres était organisée par la paroisse dans un local derrière la basilique. Nous sommes entrés...
J'y ai trouvé le recueil "Les amis d'enfance : 14 poèmes inédits" de René-Guy Cadou publié en 1965, année de ma naissance, par La Maison de la Culture de Bourges.
Il contenait le poème "Automne" dont j'avais gardé en tête les deux derniers vers que je me récite souvent au moment de la rentrée.
Ce poème est aussi reproduit en version manuscrite sur le rabat de la quatrième de couverture ; c'est cela qui est photographié ici.